SUR LE CHEMIN DE L’ÉCOLE

UN RENDEZ-VOUS ANCESTRAL STUDIEUX

#RDVAncestral … Le défi mensuel des généablogueurs, initié par Guillaume Chaix, du blog le Grenier de nos ancêtres.

Mélange de littérature et de généalogie qui consiste à « rencontrer pour de vrai » un de nos ancêtres, sur son lieu de vie, à son époque, et de dialoguer, ou pas, avec lui

Pourquoi toi mon cher Louis ??
Quelle idée as-tu donc eu de m’interpeller en cette journée de « rendez-vous ancestral » ??
Et me propulser dans une école … dans ton école …
Celle-là même où tu n’es pas élève studieux, mais enseignant …

LOUIS GUYOT

De toi je ne savais pratiquement rien … C’est par l’acte de naissance de ton fils que j’ai relevé ton nom, et surtout été interpellée par ta si belle signature en ce jour du 7 juin 1758 où ton fils Louis Ambroise fut baptisé pour être né la veille en votre demeure sise à Nanteuil-sur-Marne

Louis Guyot

Mon Sosa 420
à la si jolie signature

Ta chère épouse, devint tienne le 7 juin 1751 … Toi, Louis Guyot, âgé de 28 ans environ, fils des défunts Michel Guyot ancien maître d’école et clerc de la paroisse de Bonnesvalyn et de Jeanne Françoise Bara tes père et mère, tu épouses celle qui te donnera 10 enfants … Elisabeth Françoise Quenet âgée de 22 ans environ, fille des défunts Estienne Quenet cordonnier et de Marie Magdeleine Quintin.

Ce seront ton frère ainé Michel Guyot clerc et maître d’école de la paroisse de Bonnesvalyn et Pierre, un autre de tes frères, maître maréchal comme ton grand-père Jean, qui seront tes témoins … Ta future, orpheline comme toi, sera assistées de sa marraine Claude Françoise Denise couturière en linge, et d’un certain Louis Fallet manouvrier

Deux mois après vos noces, je retrouve ta trace en la ville de Nanteuil-sur-Marne où tu t’installes durablement … Jusqu’à ton dernier souffle

De vos nombreux enfants, seuls quatre deviendront adultes … Quelle tristesse, que de petits corps enfuit trop vite … Décès de nourrissons, de jeunes enfants … Vous aurez Elisabeth et toi perdus six de vos enfants, dont les deux premiers-nés

C’est donc à Nanteuil-sur-Marne que je retrouve ta trace, dans la superbe monographie de la ville, rédigée par un de tes pairs en 1889 … Puisque cette tâche revient à l’instituteur … Sur les trente pages du livret seize traitent de l’enseignement dans la petite bourgade de Nanteuil-sur-Marne

C’est donc dans cette petite ville que tu enseignais la lecture et l’écriture aux enfants du village, parmi lesquels tes fils Louis Ambroise, Louis et François …  Qui comme nous le verrons, retiendront bien tes leçons
Fils et frère cadet d’instituteurs – clercs disait-on à l’époque- tu n’exerças pas à Bonnesvalyn où la place était prise par ton frère ainé Michel qui y succédait à votre père Michel (lui aussi) Guyot et c’est ainsi que tu déménageas pour Nanteuil …

Sans doute avais-tu les mêmes obligations que ton frère et votre père … je les reproduis in extenso ici, telles qu’elles figurent dans la monographie de Bonnesvalyn :

« Obligations de l’instituteur
L’instituteur était tenu de faire classe du premier novembre au 30 avril.
Il devait chanter les offices divins, balayer l’église et la tenir propre.
Instruire gratuitement 2 enfants pauvres.
Sonner l’angelus trois fois le jour.
Porter l’eau bénite chez les habitants une fois par mois.
Faire catéchisme deux fois par semaine aux enfants qui se préparaient à la première communion
 »

Pour ta part, c’est bien à Nanteuil-sur-Marne que tu fais classe au fond d’une cour, dans un local qui en 1889 est devenu un cellier …

Une salle peu éclairée de deux petites fenêtres … d’une dimension d’environ 7 m x 3 sur deux mètres de hauteur … 50 mètres cubes au plus pour 50 enfants, parfois davantage …
Sommairement meublée :

Et passent les années, rythmées par les moissons, les leçons, les naissances et les morts … Inlassablement tu apprends aux enfants à lire, puis à écrire … leur nom au moins, qu’ils puissent signer leurs actes de mariage et ceux de naissances de leurs enfants
… et puis arrive ce funeste 1er décembre 1785 … Tu es veuf depuis 4 ans, quand tu fermes à tout jamais les yeux sur ce monde qui t’aura ravi trop d’enfants, toi qui vivait au milieu d’eux.

C’est Louis Ambroise, ton fils qui te succèdera comme clerc puis en qualité d’instituteur après avoir prêté serment de civisme … La révolution est passée, l’école commence tout doucement à changer

Alors que Louis Ambroise instruit les enfants de Nanteuil-sur-Marne, son frère, ton fils François, fait de même dans une paroisse proche … Instituteur lui aussi, comme le sera son fils, Louis François, ton petit fils qui porte en ton honneur ton prénom et que tu n’auras pas connu

Petit-fils de maréchal-ferrant, fils d’instituteur
Tu seras instituteur, comme

  • ton père,
  • ton frère ainé,
    Et comme le seront ensuite
  • deux de tes fils (Louis sera aubergiste)
  • et ton petit fils …

Sans compter ceux de tes collatéraux
dont j’ignore aujourd’hui l’existence

Louis, tu es l’arrière-arrière-arrière-arrière-grand-père
de mon grand-père maternel
je te remercie de m’avoir ouvert les portes de ton école univers

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7 réflexions sur “SUR LE CHEMIN DE L’ÉCOLE

  1. Quand les copines laissent un message sur la dernière photo de l’article plutôt que sur l’article lui même 🙂 … elles le cherchent en vain et moi aussi 🙂 … merci pour ce petit mot Dominique Lenglet
    « Tu n’as pas osé lui dire combien de fois tu avais été mise au coin, ni combien de conjugaisons aux 16 temps tu avais eu en punition !
    Quelle chance d’avoir trouvé une monographie, je n’en ai pas trouvé dans mes communes »
    et sache que j’étais une élève modèle … ha ha ha

  2. Deux curiosités : à l’époque un point sur le Y ( signature) et le prénom des enfants : soit Louis…soit Françoise… comme les parents. Nous avons aussi un ancêtre direct qui fut sur la ligne de drapeau entre Paris et Vienne puis instructeur militaire sous Napoléon . Il est parti avec une colonne aider la terrible retraite de Russie mais fait prisonnier par les cosaques il s’échappa à deux reprises et finit par traverser l’Europe à pieds sans se faire prendre et toujours aidé par des protestants. Il devint instituteur mais il n’était pas payé (pour instruire les élèves) les mois d’été et faisait les comptes pour un propriétaire. Rapidement en conflit avec le curé pour les tâches citées il s’installa comme cultivateur avec l’aide de ses fils et devint le Maire de son village. Il a laissé son portrait demandé par un de ses fils (1865) et surtout ses mémoires. Mon père ayant été instituteur, directeur d’école et secrétaire de mairie je suis très sensible à ces récits. Car le moteur de l’ascension sociale c’étaient les instituteurs. Merci pour votre récit.

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