Episode 4
Pour cette quatrième participation au challenge « photo du mois » je profite du peu de photos que j’ai de ma grand-mère maternelle, pour lui rendre un hommage qui ne saura être égal à la tendresse que je lui portais.
Prénommée Suzanne, elle fut pour mes sœurs et moi « mémé Suzon » … La mère de notre mère, celle avec qui nous avons passé nombre week-end et vacances
Photo 2 de ce kaléidoscope de femmes
« mémé Suzon » que je n’ai connu que les cheveux blancs
Suzanne, je vous l’ai brièvement contée en octobre 2021 et aujourd’hui, c’est par le prisme d’une photo d’un temps que je n’ai pas connu que je vais vous parler d’elle.
Fille de Charles Vallet et de sa légitime épouse Germaine Hullard, Suzanne est née au cœur de la grande guerre, le 4 mars 1915 à Paris 11°, au domicile de ses parents, rue Saint Sébastien.
Seconde et dernière enfant du couple, elle a une sœur de deux ans son ainée. Venue au monde en période de conflit mondial, c’est sa grand-mère maternelle qui fera office de sage-femme… Née dans la chambre conjugale, son père n’est pas là pour assister à son arrivée. Suzanne ne l’aura probablement pas connu. Mobilisé et décédé en 1919, loin de son foyer…
Hôpital temporaire d’Amiens … Une blessure mal soignée qui aura entrainé le décès par tétanos du soldat qu’il était alors.
A peine le temps d’être père, il laisse derrière lui une veuve de 23 ans et deux petites orphelines.
Nicolas Vallet, le grand-père paternel de Suzanne, était en vie en 1919, domicilié à Paris et divorcé de son épouse déjà remariée … Il est probable que Suzanne l’aura connu ce papy… Un trop court temps pour se souvenir vraiment.
Son grand-père Hullard est décédé en 1918 à Corbeille Essonne, lui aussi divorcé, remarié et de nouveau père … Aura-t-il connu sa petite-fille ? Agée de 3 ans à son décès, Suzanne ne doit pas avoir souvenir de lui.
Elle aura pour figure paternelle
son beau-père Jean P, époux en 1920 de sa maman
Petite-fille de deux couples de grands-parents divorcés, Suzanne reproduira le schéma matrimonial de ses aïeux.
En 1934, elle épouse Henri à Colombes, dont elle aura une fille – ma mère- et le couple divorce quelques années plus tard, en 1947 … L’enfant est confiée à la garde de son père. Simple téléphoniste, ma grand-mère n’a pas les moyens financiers de subvenir à l’éducation de sa fille dont elle perd la garde… Comme sa grand-mère Rose l’a vécu avant elle.
Remariée en 1950, elle saura rester une mère pour sa fille unique, la voyant les week-end et lui offrant des vacances en compagnie de son beau-père et bien des années plus tard, elle sut être une super grand-mère pour ses trois petites filles.
Nul enfant ne naitra de ce second mariage de Susanne avec Pierre… Contrairement à son ex époux, mon grand-père, qui remarié lui aussi, nous offrira à mes sœurs et moi … Un Tonton.
Place à la photo du mois
J’ai une tendresse particulière pour cette photo, prise par un professionnel …
Hélas aucune indication n’y est notée au dos… Ni date (maman doit avoir entre 8 et 10 ans), ni nom du photographe ou adresse du studio.
Suzanne aura sans doute voulu une belle image d’elle et de sa petite réunies sur un même cliché, dans une posture certes contrainte par l’évènement, mais néanmoins pleine de tendresse … Ha les petits nœuds dans les cheveux de ma mère !! On sent bien là toute l’attention d’une maman à apprêter au mieux sa fille… Fille qui se trouve au premier plan de ce moment immortalisé, comme si c’était elle le personnage principal, elle dont on voulait garder un morceau toujours auprès de soi.
Je suis presque certaine que Suzanne aura inséré cette photographie dans un joli cadre qui devait trôner bien en vue … Pour ma part, je l’ai trouvée dans « LE » carton à photo de mes parents, en vrac parmi d’autres.
Suzanne nous a quittées en 1994, le 27 octobre
……….
Rendez-vous le 10 septembre
Pour l’épisode 5
Si quelques années séparent ces deux photos
d’une mère et de sa fille
Leur affection mutuelle est toujours là
