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Prisonnier

Le 10 de chaque mois, sur une idée née dans le groupe « raconter sa généalogie » nous mettons à l’honneur un de nos ancêtres, via une photo … Une photo ou une image qui nous le rend parlant … J’ai épuisé mon maigre stock de visages de Sosa ou de collatéraux … Aussi, je « triche » en ce jour de « la photo du mois…

Marcel, Théodore MULLER

mon grand-père paternel
dont je ne possède aucune photo

Je le sais pourtant dans au moins un album … Qui fut certainement en possession de mes parents, mais qui semble disparu aujourd’hui. Et j’ai souvenir d’avoir vu une photo de son mariage avec ma chère mémé Loulou, lui debout, et elle assise sur une chaise, posant pour un photographe certainement professionnel … Photo disparue elle aussi …. Agrrrr

Mon premier sans photo

Ce grand-père paternel, je l’ai très peu vu, très peu connu bien qu’il soit décédé le 25 mars 1994, alors que j’avais 31 ans (!!!).
Né à Odessa le 23 mars 1902 d’un père Français et d’une mère colon allemand de seconde ou troisième génération, benjamin de sa fratrie …

Il partira vivre et travailler à la Martinique, mettant le plus de distance possible entre lui et ma grand-mère dont il a divorcé, le 30 juin 1949….

Après 17 ans de mariage
et
un enfant [mon père]

Au-delà des dates qui font nos ancêtres :

J’ai tenté de m’attacher à son parcours militaire … Petite pioche, dont je me contente jusqu’à présent…. 1922, recrutement Paris / liste principale du bureau 1 matricule 1323 … Les fiches matricules ne sont numérisées que jusqu’en 1921.

C’est sur la liste n°27 des prisonniers de guerre que je le trouve sans le moindre doute … Son patronyme est certes plus que courant, mais si on y ajoute date et lieu de naissance, il n’y a plus de doute. Jamais je n’ai eu l’occasion de parler de sa captivité avec lui … J’ignorais même qu’il fut fait prisonnier … Et si je ne m’étais prise de passion pour la généalogie, je ne l’aurais pas su.

Les conditions de détention à Besançon sont épouvantables. Nourriture très insuffisante et avariée, couches de paille à même le sol, aucune commodité concernant l’hygiène la plus élémentaire. Le surpeuplement, la promiscuité, le froid et la saleté favorisent le développement de la vermine, et aussi l’apparition et la diffusion de maladies. Chaque jour qui passe, l’on déplore le décès de nombreux détenus…  Marcel en reviendra, le couple qu’il forme avec ma grand-mère ne survivra pas à cette période d’après-guerre …

Au lendemain de la seconde guerre mondiale, le nombre annuel de divorces s’est trouvé soudain accru, comme il l’avait été après la première guerre. Le niveau record est atteint en 1946, avec plus de 22 divorces pour 100 mariages, les couples n’ayant pas réussi à se reconstituer …. Les femmes ont tenu le rôle du père en leur absence, elles ont travaillé, nourri leur(s) enfants(s) et veillé à la survie de la famille …. Revenir en arrière leur est impossible, reprendre un simple rôle de ménagère ne leur suffit plus …. Et les maris ne partagent pas cette vision nouvelle de la cellule familiale.

Place à la « photo » du mois

Difficile de garder un vrai contact dans ces conditions

[Le même en plus lisible]

Combien de courriers ont échangé mes grands-parents ??
Et combien leurs sont réellement parvenus ??

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Ce billet me tient également lieu de #Généathème
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Généatech nous invite en ce mois de mai à traiter
de la fin de la seconde guerre mondiale …

Le 8 mai de cette année 2025, nous commémorerions les 80 ans de la fin de la Seconde Guerre mondiale sur le vieux continent, actée par la signature de la capitulation sans condition de l’Allemagne.


Mais ce n’est que le 02 septembre 1945 que sonne réellement la fin de la seconde guerre mondiale avec la reddition du Japon … Le reste du monde peut comme les Européens clamer haut et fort :

PLUS JAMAIS
(on aimerait tant y croire)

Mes deux grands parents, Marcel et Henri Pennequin (coté maternel), prisonniers l’un à Besançon et l’autre en Allemagne (au titre du STO) reviendront vivants … Déboussolés l’un comme l’autre par l’émancipation de leurs épouses, ils divorceront tous les deux l’un en 1947 et l’autre en 1949.

Mon grand-oncle Amador, frère de ma chère mémé Loulou, lui ne reviendra pas … Mort au combat … Mort pour la France.

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