Episode 9 … REMY
Il est devenue une tradition qui consiste le 5 de chaque mois à conter un « rameau caché » … Un patronyme, isolé au sein de notre généalogie … Seuls 3 à 5 individus sont porteur de ce nom qui s’efface souvent faute de descendants males…. Vol au-dessus de la canopée.

François REMY
Mon Sosa 1570
Fils de Nicolas REMY
et père d’Anne REMY, dernière du patronyme en ce qui concerne ma descendance
Nous sommes au cœur de la Lorraine, dans le petit village rural d’Ippécourt, fief des parents de Francois REMY qui y passera sa vie de sa naissance à son décès … En passant par son mariage.
François est fils de Nicolas REMY, Substitut en la terre et la seigneurie d’Ippécourt et de Barbe Thugnet. Second né des onze enfants issus de l’union de ses parents, François voit le jour le 7 janvier 1647 et est aussitôt baptisé dans la charmante église Saint Jean Baptiste du village.

Voici son noyau familial

De l’enfance et la jeunesse de François, je n’ai nulle trace. Je ne peux que supposer qu’il fit des études assez poussées, tant au regard de sa signature que de son titre de « Procureur fiscal de la justice d’Ippécourt »
Sa vie bien que rurale fut de mon avis assez « confortable » au regard de l’époque et de la situation du père de famille.

Je ne retrouve François REMY qu’au jour de son mariage
le 24 janvier 1679
La jeune Barbe Gillon, fille de laboureur est originaire de Fleury-sur-Aire, petit village distant de 5 km d’Ippécourt. Je lui connais – et pour cause – au moins un frère, prénommé Jean … Elle s’apprête à épouser François REMY, en présence de leurs parents respectifs.
En ce jour d’épousailles, François a 31 ans et sa promise en a 21 … Le mariage réuni les deux familles REMY et GILLON … L’acte religieux inscrit dans le registre paroissial (pages 150 & 151/187) est rédigé ainsi qu’il suit … Après avoir recueilli non pas deux « oui » … Mais 4 :
« François Remy, fils de Nicolas Remy, procureur d’Ippécourt et de Barbe Thugnet d’une part et Barbe Gillon, fille de François Gillon, laboureur, et d’Anne Haquin, de Fleury-sur-Aire
et
entre Jean Gillon, fils dudit François Gillon et de la dite Anne Haquin de cette paroisse, et Agathe Remy, fille du dit Nicolas Remy et de la dite Barbe Thugnet, de la paroisse d’Ippécourt, dispense à eux tous accordée de 4ème degré de consanguinité, ont été mariés. »

Deux mariages pour une célébration
François REMY aura convolé en la même cérémonie que sa petite sœur, et son épouse en même temps que son grand frère …
Les deux nouveaux maris signent tous les deux
ainsi que les deux curés :
« Signent Du Perron, curé d’Ippécourt, Simon Boullard, curé de Fleury »
La vie maritale commence alors pour François et Barbe … L’existence s’organise aux rythmes du travail de François et des naissances qui transforment le jeune couple en une famille. Leur premier enfant, une petite Barbe, prénommée comme sa maman, voit le jour en décembre 1679, douze mois après le mariage. Suivront Jean en 1681, Anne ma Sosa en 1684 et enfin le benjamin, Thomas né en 1685…
Quatre enfants, une belle famille qui doit cependant paraitre fort réduite à François, issu d’une fratrie de 11… Barbe ne donnera pas d’autre enfant à son époux qu’elle quittera le 5 janvier 1688 agée de 30 ans … Laissant orphelins de mère ses enfants dont l’ainée a 10 ans et le plus jeune juste 4.
Hélas, les enfants de Barbe et de François vivront encore un décès parental avant même que Barbe ainée de la fratrie n’atteigne la puberté…
L’année suivant son veuvage, Francois REMY se remarie … « Mr François Remy, procureur fiscal en la haute justice d’Ippecourt, veuf de défunte Barbe Gillon de la paroisse d’Ippécourt d’une part et Nicolle Colin, fille de défunt Nicolas Colin dit Du Mont et de Marie Juminel de la paroisse de ?? d’autre part ont été mariés»
Les enfants de Barbe ont désormais une belle-mère, présence féminine et (peut-être) maternelle, qui va leur donner trois frères et soeurs .. Une petite Catherine qui ne vivra que 15 jours – encore du noir- suivront Marguerite puis François, prénommé en l’honneur de son papa, né le 29 septembre 1692… Enfant posthume.
François REMY
Procureur fiscal de la justice d’Ippécourt
Est décédé le 19 juin 1692, âgé de 45 ans
Il laisse derrière lui, une épouse et six enfants vivants, nés de ses deux unions
dont Anne REMY, née à Ippécourt le 1er janvier 1684, épouse de Claude FEVRE,
arrière-grand-mère de François Etienne FEVRE.
Dernière porteuse du patronyme pour ma branche directe
qui ne compte que trois Sosa REMY
Rendant ce nom de famille éligible « aux rameaux cachés »
……………….
Le village d’Ippécourt et son église
Petit village rural fort de 449 gentilés en 1793, pour 88 aujourd’hui, Ippécourt semble être le fief de ma branche REMY, le grand-père, le père et les petits-enfants y sont tous nés et ont été baptisés dans l’église, dédiée à Saint Jean-Baptiste, dont la construction remonte au XVIème siècle. La chapelle d’origine dominait les hauteurs du village, l’autel classé en 1994 est originaire de l’ancienne abbaye Saint-Vanne de Verdun… Monument d’importance en l’époque de mes Sosa, où la religion tenait une grande place dans la vie quotidienne.

Une sculpture de la Vierge aux cheveux naturels, Notre-Dame du Luxembourg, a été offerte à la paroisse par les Luxembourgeoises après la Première Guerre Mondiale.
Le patronyme REMY
Selon Geneanet : Nom de baptême d’origine latine, popularisé par l’évêque de Reims qui baptisa Clovis. Le nom est mentionné sous la forme Remigius, qu’il faut sans doute rattacher à Remedius (= qui guérit)…. Surtout présent dans les Vosges et la Lorraine
Selon Filaé : Remy est un nom de baptême et patronyme, représentant la forme populaire de saint remigius, qui baptisa Clovis, avec qui se sont confondus quelques saints moins connus du nom de Remedius, surnoms latins mystiques de rameur et qui guérit c’est aussi un nom de localité située dans l’Oise et a pu désigner le natif de cet endroit
Un article bien documenté surtout pour cette période ancienne. J’ai aimé votre expression « vol au dessus de la canopée ».
Article intéressant ! Avez-vous trouvé la dispense au 4eme degré de consan
Un clic malheureux… dispense de consanguinité au 4eme degré permettant de remonter les ascendances en l’absence d’actes paroissiaux ?
De mon point de vue, la dispense concerne la parenté par affinité (par alliance)
J’ai pensé la même chose que Jean Noël 😉 en théorie ils sont arrières petits cousins ce qui fait des ancêtres communs vers la fin du 16e siècle… un peu loin peut-être 🙃