L’heure de l’incontournable Rendez-Vous ancestral a sonné … C’est un Sosa, cime de sa branche, qui m’interpelle … En terre Lorraine et protestante

Richard BRAZY
Marchand-corroyeur
J’espère que ce cher Sosa sera bavard, voire très bavard, et qu’il pourra m’apporter un peu plus que ce que je sais de lui aujourd’hui, à savoir :

Rendez-vous avec mon Sosa 49 686
Me voilà propulsée au 16ème siècle dans le bourg de Badonviller … Le village figure sur la carte de Cassini, sous le nom de Baudonviller … Cité historique, autrefois siège de la principauté de Salm et aujourd’hui porte d’accès du massif vosgien.

Badonviller vers le milieu du 16ème siècle abrite de nombreux gentilés de religion protestante … Ils ont pour patronymes BRAZY, CHARDIN, THIERRY, DOMBASLE, HENRIQUEL (…)
…………
Richard Brazy … Parle moi un peu de toi
« Je suis né vers 1557, assez loin d’ici – au regard des moyens de transport de mon époque- puisque c’est à Vézelise que j’ai vu le jour. »

« Le 19 janvier 1578, à Badonviller où je suis maintenant établit, j’épouse Nicole Dombasle, qui sera la mère de mes enfants … Je vois que tu m’en a trouvé huit entre 1581 et 1598 … Il t’en manque trois »

N’ayant pas accès en ligne au registre réformé, je ne l’ai malheureusement pas (encore) consulté.
Je n’en ai effectivement trouvé que 8 des enfants issus du couple formé par Richard BRAZY et son épouse Nicole DOMBALLE, à la lecture du CD des protestants baptisés à Badonviller … http://badonpierre.free.fr/cd/cddef.htm …

Un clic pour agrandir
« Je perdrai mon épouse en novembre 1618 … Notre petit dernier a alors 20 ans … Nicole aura eu le temps d’assumer son rôle de mère pour tous nos enfants qui seront de « grands hommes » dont nous sommes fiers … »
« J’en suis convaincue, mon cher Richard, vois ce que j’ai trouvé sur une partie de ta descendance à partir de la page 74… L’un de tes fils sera pasteur et professeur de grec, un de tes petits-fils sera chirurgien … Une belle réussite … Et l’une de tes filles épousera un Corroyeur »
« Corroyeur … C’est également ton métier Richard Brazy, Marchant corroyeur tu es en 1580 … Et Bourgeois de Badonviller… Comme il est précisé sur l’acte de baptême de ta première-née … Tu vis alors avec ta jeune épouse au faubourg d’en haut. »
Dis m’en un peu plus sur ce métier de corroyeur
que l’on assimile souvent à celui de tanneur
« Ne confonds pas ces deux métiers, petite descendante !!
Le travail du tanneur consiste à transformer la peau brute en cuir … Ils achètent leur matière première directement chez le boucher » (!!).

Les tanneurs installent leurs ateliers un peu à l’écart des villages – à cause de l’odeur- et au plus près de l’eau car il leur en faut beaucoup.
C’est un travail de longue haleine, qui nécessite de nombreuses manipulations … Les peaux sont tout d’abord nettoyées de leurs couches extérieure et intérieure à grand renfort de bains dans les rivières, c’est la première des trois phase, dite l’écharnage qui demande une grande force physique. Ensuite vient la seconde phase –le tannage– où les peaux sont plongées dans un bassin de tanin, étendues pour être séchées et finalement frappées pour enfin arriver à les dire non plus peaux, mais cuir non sans les avoir préalablement graissées … Plusieurs mois sont nécessaires pour transformer la peau en cuir… Voilà l’ouvrage du tanneur »
Il fallait être physiquement costaud et résistant pour prétendre au métier de tanneur. Toute une vie au bord de la rivière [ici sur le cours de la Blette] dans une atmosphère humide à soulever de lourdes charges n’était pas compatible avec une nature chétive … Nul besoin d’être « malin » la force physique et le cœur à l’ouvrage étaient suffisants, l’ouvrier tanneur était vu comme étant « grand, fort et bête » … Charmant portrait.
Le corroyeur lui, travaille bien au sec, le cuir déjà tanné pour le rendre utilisable entre les mains des cordonniers, des selliers ou des bourreliers et autres relieurs … C’est la troisième phase de la préparation du cuir, matière brute … Le corroyage

Et Richard de me préciser que lui n’est pas ouvrier, tanneur ou corroyeur, mais marchand-corroyeur …
« Mon activité à moi, vois-tu, c’est de prendre commande auprès des tailleurs, des cordonniers et des bourreliers du cuir dont ils ont besoin pour leurs fabrications. Ils me donnent alors, les épaisseurs qu’ils leur faut, les tailles des pièces et la souplesse qui leur est utile. Ce n’est qu’alors que je me rapproche des corroyeurs pour leur passer mes ordres, emporter la marchandise et la livrer. De fait, je sais chez quel ou quel corroyeur me rendre en fonction de ce dont j’ai besoin … Et surtout, je sais reconnaitre les qualités du cuir et suis très intransigeant… Il faut dire que corroyeur je fus, après avoir fait mon apprentissage de tanneur, de la peau au cuir je connais tous les processus de préparation … Il en va de mes futures transactions que de fournir de la bonne qualité, adaptée aux besoins des différents corps de métiers »
………….
Devant la boutique du bourrelier, je pris congé de Richard, le laissant à son marchandage,
non sans avoir appris qu’au début du XVIIIème

belle description du métier !
Merci 😊
Merci Beaucoup, Véronique, pour cette découverte d’un métier dont je connaissais le nom, mais sur lequel je ne m’étais pas penché. Je ne crois pas avoir trouvé de corroyeur dans mes ancêtres…
merci beaucoup Alain
Très intéressée par ton article, très clair sur la différence entre les deux. J’ai les deux métiers chez des ancêtres dont je n’ai pas encore raconté la vie. Merci pour ce partage.
Une belle remontée dans le temps… une vraie cime de ton arbre !
(J’ai pas mal de corroyeurs dans ma généalogie, mais au 19ᵉ siècle.)
Encore un super article qui apprend beaucoup 🤗 Je crois que je suis à jour de mes lectures ! 😉
Oui tu es à jour 😉… Merci pour les j’aime en rafale et les commentaires