Signature

En ce 10 mars, l’heure du désormais incontournable rendez-vous de la photo du mois est venue … Toujours pas de nouveau cliché dans ma maigre boite à chaussures… C’est donc une signature que je vous propose aujourd’hui.

Juana TUDURY

Sosa 21 de mon fils
branche paternelle

Fille de Bartolomé TUDURY, tailleur d’habits et de sa légitime épouse Maria, Rosa AVELLA… Ses parents tous deux espagnol de naissance, ont convolés en justes noces en Algérie où ils avaient émigré.

La plupart des Espagnols ayant émigré en Algérie s’établirent dans la région d’Oranie. Selon le recensement de 1896, sur les quelque 300 000 Européens établis à Oran, environ 100 000 étaient Espagnols et 100 000 autres, des Espagnols naturalisés français.

Comme ses frères et sœurs, Juana est née dans l’Oranais en Algérie,
nouvelle patrie de ses parents  … Voici son noyau familial :

Cinquième née des six enfants issus de l’union de Bartholomé et Rosa Maria, Juana voit le jour le 23 juin 1865 … Hormis son père, elle ne sera entourée que de femmes et fillettes, les deux premiers nés de la fratrie, [seuls fils du couple de ses parents] sont décédés bien trop jeunes et près de dix ans avant sa naissance.

De l’enfance de Juana, je ne sais rien … Sans doute fut elle rude comme l’était la vie des colons entre pauvreté des ressources et travail acharné sous un soleil de plomb… Peu à peu la vie deviendra plus confortable, son père devient « propriétaire » et reprend son métier de tailleur d’habits, sa mère est dite « dame » Avella… Plus de terres à défricher ni de travaux pénibles pour assurer le confort de la famille. A 22 ans, Juana se marie … Il est colon comme elle, natif de Lyon, veuf depuis un an, une de ses deux fillettes est peut-être encore en vie … Marchand tailleur, Il a 16 ans de plus que Juana …

Nous sommes le 26 février 1887, à Oran quant Juana avec le consentement de ses père et mère devient madame Félix Chaze… Le mariage est – de mon point de vue- probablement arrangé … Fut-il heureux, je ne saurais le dire …   

A 24 ans, deux ans après ses noces
Juana est veuve

Sans enfant, veuve à 24 ans … Je ne retrouve Juana qu’en 1895 … Jeune femme de 30 ans, orpheline de père depuis deux … Un prétendant se présente à sa mère et emporte le cœur de Juana… Il a 7 ans de plus qu’elle, garde-chasse Français né dans les Deux-Sèvres … Prénommé François il porte le patronyme de mon ex belle-mère, grand-mère paternelle de mon fils.

6 ans après son veuvage, Juana convole une seconde fois
le 17 avril 1895

Comme Juana, François est orphelin de père … Sa mère restée en France est dite « consentante » au mariage.

La maman de Juana est elle aussi consentante … Et présente à ces épousailles.

Le couple nouvellement formé aura deux enfants, François et Alfred, nés en 1896 et 1899 … Juana perdra son époux en 1928, veuve une seconde fois, elle  ne se remariera pas et s’éteindra à Meknès au Maroc 20 ans plus tard … Elle y aura suivi son fils François et vu naitre tous ses petits-enfants. Son autre fils restera en Algérie où naitront ses deux enfants.

Place à la « photo du mois »

Juana ne signe pas de son patronyme … Comme s’il avait été « effacé » … Comme si Juana TUDURY n’existait plus… Elle appose la signature devenue sienne au cours de ses premières épousailles … J.Chaze… Précédé de Veuve.

4 réflexions sur “Signature

  1. C’est bien la chose qui m’énerve le plus, dans les nécro de journaux, on lit encore qu’est décédée Mme Veuve et le nom du mari, avec en petit en dessous née Intel, et pas toujours. Même dans la mort elle n’existe pas. C’etait ma minute féministe!

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