En ce jour de Rendez-vous Ancestral, je me retrouve dans le Lyon des années 1840 où m’attend ma petite Catherine que je rencontre « à la mode » de Guillaume Chaix, dans son époque à elle, bien éloignée de la mienne.

Catherine Broussolle,
ma Sosa 57
Fille d’un cordonnier Cantalous
et
d’une tisseuse en soie Jurassienne
Née en 1840 Catherine est l’avant dernière enfant que j’ai répertoriée à ses parents, 5ème d’une fratrie composée de cinq filles et un garçon.

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C’est à Caluire-et-Cuire qu’Antoine Broussolle, cordonnier de son état, épouse Marie Guionnet le 11 février 1834… En novembre de cette année d’épousailles, le couple accueille sa première née, Joséphine Benoite … Trois enfants et six ans plus tard, naitra Catherine, le 22 novembre 1840 à Lyon… Une petite Marie Anne complètera la fratrie deux ans plus tard …
Rencontre avec Catherine
dans le Lyon
de son XIXe siècle

Catherine, je la retrouve toujours à Lyon, le 27 novembre 1858 … Elle a 18 ans, vient de perdre son père et convole en justes noces avec Jacques Marie Vallet, galocher savoyard de 10 ans son ainé.

Si Catherine n’a pas le droit de vote, au moins est-elle allée à l’école … Elle sait lire écrire et compter, comme je le constaterai en 1875 …

Pour ce qui est de lire et écrire, je m’en réfère à sa signature sur son acte de mariage.
Au jour de ses épousailles, Catherine est couturière, couturière et future mère … Les naissances vont s’enchainer assez rapidement … Toutes à Lyon où maintenant la famille est bien implantée … Cinq fils viendront au couple formé par Jacques Marie et Catherine … Ils perdront un enfant mort-né dont j’ignore le sexe, portant à six les accouchements de Catherine.

En 1865, à la naissance de leur troisième enfant, Nicolas Marie [mon Sosa], Catherine est plieuse de livres, elle sera dite sans profession à l’arrivée du petit dernier en 1872, où elle est pourtant inscrite plieuse de livres sur le recensement de Lyon cette année-là.
Catherine a 32 ans à la naissance de son petit dernier, Jacques Marie en a 42 …
« Mon mari décèdera peu après l’arrivée d’Hilaire, me laissant la charge de notre progéniture … Je dois seule pourvoir aux besoins de nos cinq enfants âgés de 3 à 15 ans… Papa est décédé avant mon mariage et maman nous a quittée un an avant que ne naisse Hilaire »
… Seule, avec cinq petits, Catherine trouvera réconfort et aide auprès de Nicolas Marie Rolland, un proche de la famille … Je le pense parrain de mon Sosa Nicolas Marie Vallet [concordance de prénoms] … Il avait en outre signé en qualité de témoin l’acte de naissance dudit Sosa.

le 6 mars 1875, à Lyon 2ème, Catherine épouse l’ancien sous-brigadier Nicolas Marie Rolland pensionné militaire, devenu galocher.

« Nicolas Marie fut un vrai soutien pour moi, et un père de substitution pour mes fils … Nous n’aurons pas d’enfants ensemble. »
Onze ans plus tard, Catherine assistera au mariage de son fils Nicolas Marie en 1886, et aura la chance de connaitre ses deux petits-enfants Pétrus et Charles [mon AGP]
Elle ne s’étendra pas plus sur sa vie avec son second époux … Je la questionnais donc sur son métier de plieuse de livres que je rencontre pour la première [et actuellement seule] fois dans mon arbre.
« Catherine, ton métier de plieuse de livres m’intrigue, peux-tu m’en parler ? »
Lyon, c’est la soie et le livre
« Comme tu le sais, je suis lyonnaise de naissance … Et très attachée à ma ville, bien que mes parents n’en soient pas originaires »

Depuis la Renaissance, la ville de Lyon est l’un des principaux lieux de production de soie dans le monde et possède une véritable renommée internationale… [Rappelons que la mère de Catherine est tisseuse en soie]. Au XVIe siècle, Lyon fut, avec Paris, Venise, Anvers, Bâle ou Francfort, une des capitales européennes du livre….
« Pas étonnant me diras tu, qu’à Lyon, tu trouves autant des plieuses dans le domaine de l’imprimerie que dans celui de la soie… Bien que la législation française ait toujours exclu les femmes de l’apprentissage, certaines ont été utilisées à des tâches masculines, aussi dès le XVIII° siècle, nous œuvrons dans les ateliers d’imprimerie : plieuses et brocheuses* »
* La brocheuse coud les cahiers pour former le livre
Dans le cadre de l’imprimerie, une plieuse est une ouvrière qui effectue la pliure des feuilles imprimées pour les transformer en cahiers destinés à la brochure ou à la reliure.
Source : Dictionnaire encyclopédique du livre : N-Z
« Tu es donc passée de couturière à plieuse en livres ? »
« Oui j’ai changé de métier… Avoir été couturière m’a appris le soin apporté au travail et la minutie, deux qualités nécessaires pour être une bonne plieuse de livres. »
Il y avait de l’ouvrage dans ce domaine, à la fin du XVe siècle, l’imprimerie lyonnaise comptait une cinquantaine d’imprimeurs. Il en reste encore à l’époque de Catherine et ils ont besoin de « petites mains »

Son plioir* en main, Catherine commence alors à m’expliquer l’art de pliage … Une image valant mieux que des mots, je vous propose un extrait de ses explications :

* Petit instrument de bois ou d’ivoire, plat, tranchant des deux côtés,
et dont on se sert pour plier sans abîmer ni déchirer la feuille,
pour créer des plis impeccables et former des coins
Il est dix pages consacrées à l’art du pliage de livre dans le

Visible sur Gallica ICI (ouvrage entier, pliage pages 23 et suivantes), vous me pardonnerez de ne pas vous en faire le résumé … Et de prendre ici congé de ma petite plieuse.
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Catherine finira ses jours à l’hospice du Perron, premier établissement hospitalier créé par les Hospices civils de Lyon en dehors des limites de la ville. Elle y fermera les yeux, deux fois veuve.
Décédée Le 2 avril 1901
à l’âge de 61 ans
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Une bien belle évocation de Marie et des métiers qui tournaient autour de l’imprimerie!
Merci Stéphane
Super RDV, avec la découverte d’un bien beau métier.
Très instructif. Tous ces métiers autour du livre et de l’imprimerie sont passionnants.
Merci Françoise, oui c’est passionnant, j’ai passé plus de temps à lire et regarder des planches qu’à rédiger ce billet 😉
Belle découverte que ce métier de plieuse en livres, exercé dans une ville où l’imprimerie était réputée
Merci Fanny
Un métier que je ne connaissais pas malgré une petite pratique de la reliure. Si un jour j’ai envie de me reconvertir…
Merci Laurence … K;Z
Je découvre ce métier il est vrai qu’au début du 19e siècle l’industrie n’en était qu’à ses balbutiements. Bel article. Tu connais la ville de Lyon ?
Lyon j’y allais tous les ans pour un salon pro … Merci pour ton commentaire …. Bonnes vacances
Joli billet bien rédigé.. votre Catherine a laissé des écrits ? C’est une chance (que je n’ai pas, à part de mes parents). Bon weekend !
Non Evelyne aucun écrits de sa main, je n’ai que sa signature
C’est vrai , à Lyon les filles savaient lire et écrire. A-t-elle eu le temps de lire les livres qu’elle avait en main ?
Très beau métier, comme tous ceux qui touchent au livre.