De l’Alsace à l’Algérie

Il est devenu un rendez-vous incontournable, le 10 de chaque mois … La « Photo du mois »  … Je fais une incursion dans la branche paternelle de mon petit pour cette Xième édition sans portrait …

Né en 1831
à Storckensohn en Alsace

Décédé en 1877
à Detrie en Algérie

Michel Haller … Arrière-grand-père de la grand-mère paternelle de mon fils.
Sosa 44 de mon fils, son arrière-arrière-arrière-grand père

Colon et garde champêtre …

Fils de Bartholomäus Haller [né le 24 novembre 1802 à Storckensohn, Alsace] et d’Agnès Munsch [née le 12 février 1806 à Mollau, Alsace]

Michel Haller est venu au monde le 16 septembre 1831 dans la ville de son père où la famille est installée …

Second né d’une fratrie de 9 enfants

Sa famille tant maternelle que paternelle est ancrée en Alsace depuis plus de quatre générations … Un père journalier, tisserand à ses heures et une mère sans profession, occupée dans le foyer avec sa marmaille, la cuisine et la couture … La vie est certainement très dure, et la table peu garnie …

Dès l’âge de 26 ans, Michel postule pour être colon en Algérie

Rêves d’outre-mer
et de terres

Il obtient une concession en 1858… Adieu  Storckensohn, sa minuscule ville de naissance, où une grande partie de la famille continuera à faire racine.

Célibataire et aventureux Michel vogue vers son avenir de l’autre coté de la Méditerranée. L’Algérie alors Française est la promesse d’une vie meilleure … Le sera-t-elle ?

Voilà Michel Haller à Sidi Lhassen où il prend possession de ses terres :

Chaque concessionnaire reçoit un lot à bâtir de six ares situé dans le village, un lot de jardin arrosable de 25 ares délimité en ceinture, un autre lot de jardin non arrosable de 25 ares, également en ceinture, et un dernier lot de culture d’une contenance de 13 à 14 hectares … Le rêve pour un fils de journalier qui ne possédait pas sa terre.

Le colon doit savoir demander à la terre toutes les ressources qu’elle est en état de produire et ne pas négliger les cultures accessoires, le jardin fruitier et potager, l’étable, le poulailler, le rucher…. Le travail ne manque donc pas … D’autant qu’il faut aussi bâtir sa maison.

les premières maisons des colons étaient très simples : 12 mètres de long sur 5 de large, avec des murs en pierres. Le mortier est composé de chaux maigre et de sable. La couverture est en tuiles.

A droite et à gauche, deux pièces identiques, de 4m10 sur 3m10, avec une fenêtre de chaque côté et un renfoncement pour une armoire éventuelle.
Une porte intérieure donne dans la pièce principale. Celle-ci, carrée (4m10 x 4m10) comporte deux renfoncements et une cheminée. De chaque côté une porte donne sur l’extérieur.

Les jeunes filles ayant suivi leurs parents en ces terres nouvelles ne manquent pas non plus, à la recherche d’un bon parti … Qu’il soit Espagnol, Allemand ou Français… Il était en ce temps-là hors de question de s’unir à un « indigène »…  C’est assez naturellement qu’à Sidi Lhassen Michel tombe sous le charme de Thérèse Georger, originaire du Grand-Duché de Bade en Allemagne dont la famille est arrivée le 10 mars 1854 à Sidi Lhassen  … Le mariage a lieu le 6 octobre 1859.

6 enfants viendront faire du couple une famille

Très vite arrive Marie la fille ainée en 1860, puis le petit Auguste né en 1862 et qui décèdera en 1865 à moins de 3 ans. Vint ensuite Joseph mort-né en 1864, suivi d’ Antoine en 1866 puis de Louise en 1868 …… Et enfin Auguste Edouard, le benjamin, Sosa 22 de mon petit.

Colon cultivateur, Michel Haller sera garde champêtre
de Sidi Lhassen  de 1862 à 1868 …

Dans les Codes et lois pour la France, l’Algérie et les colonies d’Adrien Carpentier, on trouve des articles relatifs aux Garde-champêtres :

« 4. Dans l’exercice de leurs fonctions, les gardes champêtres pourront porter toutes sortes d’armes qui seront jugées leur être nécessaires par le directoire du département. Ils auront sur le bras une plaque de métal ou d’étoffe, où seront inscrits ces mots : La Loi, le nom de la municipalité, celui du garde.
5. Les gardes champêtres seront âgés un moins de vingt-cinq ans ; ils seront reconnus pour gens de bonnes mœurs, et seront reçus par le juge de-paix : il leur fera prêter le serment de veiller à la conservation de toutes les propriétés qui sont sous la foi publique, et de toutes celles dont la garde leur aura été confiée par l’acte de leur nomination. (V. Décr. 5 avril 1852) »

………………

Michel Haller quitte ses fonctions de garde-champêtre et redevient simple colon cultivateur … Quand arrive la défaite Française et que l’Alsace-Lorraine est cédée à l’Empire allemand en application du traité de Francfort, signé le 10 mai 1871.

Ce traité autorisait les citoyens français nés dans les territoires cédés, à se prononcer pour leur nationalité d’origine. Ceux qui vivaient ou étaient nés en Alsace-Lorraine devaient donc opter pour conserver la nationalité Française

Alsacien de naissance, Michel Haller optera pour la nationalité Française en 1872, le 29 juin
lui qui vit en France d’outre-mer tient à sa nationalité.

Un clic pour agrandir

……………..

Michel décèdera le 12 juillet 1877, âgé de 47 ans … D’aucun disent que son épouse le suivra deux ans plus tard, mais je ne trouve pas son acte de décès… Et pour cause … Voir Nota bene en fin d’article

47 ans, c’est bien jeune pour partir … Un climat inhabituel, un travail rude et quotidien, labeur et privation, tel était le sort des premiers colons … Usé avant l’âge …

Michel laisse derrière lui outre son épouse, cinq enfants au moins, dont l’ascendant de mon fils alors âgé de 6 ans.

Enfant de Storckensohn décédé en Algérie , Michel Haller y laisse donc sa descendance désormais orpheline de père.
Tandis qu’aujourd’hui encore à Storckensohn, village ancestral de cette branche paternelle de mon fils,  il demeure au moins un porteur du patronyme Haller… Joseph Haller, le maire actuel d’après Wikipédia.

Place à « la photo du mois »

La très belle signature de Michel Haller,
tant sur son acte de mariage que sur ceux de naissance de ses enfants

…………..

Petit clin d’œil à mon amie Christiane qui aime tant les prénoms atypiques : Michel Haller a un oncle prénommé … Arbogast

…………..

Nota bene du 17 octobre 2025:

Un grand merci à  Marie-Luce Choisy L, qui a complété mes informations sur  Thérèse Georger, épouse de Michel Haller. 

Elle n’est pas du tout décédée 2 ans après Michel Haller, je la retrouve encore en vie sur les mariages des enfants, les FM de ses fils, sur le recensement de Détrie 1906 (GAMT : https://www.genealogie-gamt.org/) et sur un article de 1912 du 19 juin … ci-dessus reproduit : 

    

                 

6 réflexions sur “De l’Alsace à l’Algérie

  1. Je suis toujours très émue par le destin de ces premiers colons, partis pour échapper à la misère, certains rêvant d’Amérique. On oublie souvent qu’ils furent avant tout des déracinés. Le regard porté sur eux au XXe siècle, les réduisant à des exploiteurs, occulte la part d’humanité et de souffrance qui fut la leur.

    • c est le cas du grand père alsacien soldat sous napoléon prisonnier a Sedan par les Prussiens évadé par les égouts de sedan a traversé la France a pieds a rencontré sa future épouse a Argeles il a rejoint son contingent a Mascara en Algérie se sont mariés en 1871 ont eut 10 enfants et ont donc fait souche d ou ma naissance en 1946 et mon départ en 1964 d Oran

Laisser un commentaire