RENDEZ-VOUS ANCESTRAL … Entre tissu et raisin

En ce troisième samedi du mois, j’avais oublié LE Rendez-vous mensuel avec un ancêtre …

Trop occupée, je n’ai pas vu le temps passer … Oups …
Le RDV incontournable des généabloggeurs, initié par Guillaume Chaix, du Grenier de nos ancêtres…

C’est donc un ancêtre dont la signature m’a interpellée …  
Que je m’apprête à rencontrer
Mon Sosa 398 … Tissier

François GRAND’EURY 1717-1759

C’est en complétant les feuilles éparpillées de mon arbre que je me suis retrouvée face à l’acte de mariage de François GRAND’EURY et aux signatures apposées au bas dudit acte … Celle de François et surtout celle de son épouse … Pensez donc, une femme qui sait signer en 1739 !!!

A cinq générations au-dessus du seul implexe de mon arbre, François GRAND’EURY, fils de Joseph et Marie Anne PECHEUR est né troisième de la fratrie, à Vitrey le 4 janvier 1717.

Fils et petit-fils de vigneron, il convole en justes noces avec Anne BARBAZAN le 17 novembre 1739 à Houdreville, commune de sa future et son fief familial aussi bien qu’il soit né à …. 6 km

François, en ce jour de noce est orphelin, ses parents ne sont plus là.
Sa promise, Anne, a encore son père, Claude BARBAZAN, vigneron de son état …qui se tient à ses côtés en ce jour d’épousailles, seul parent présent pour la mariée dont la maman, Renée THOMAS, est décédée le 14 juin 1735

Dès 1740, les naissances au sein du jeune couple formé par François et Anne vont se succéder tous les deux ans … Dix enfants verront le jour, dont Elisabeth, mon ancêtre, née le 10 mars 1751 en septième position dans cette nombreuse fratrie.

François est tissier – Tixier, Tisserant – fils et petit fils de vigneron, il n’aura pas repris le métier ancestral, celui-ci étant dévolu au fils ainé sans doute … François n’étant que le troisième né, il lui aura fallu prendre métier hors le giron familial … Bien que je pense qu’il aura gardé un pied dans la vigne

C’est néanmoins dans le tissu qu’il passera sa vie

Le métier de tissier est dur … Les conditions de travail pénibles … C’est dans des ateliers semi-enterrés voire des caves, que les hommes travaillent dans une atmosphère humide pour éviter que le fil ne se casse … Ils sont au milieu des bouloches de tissu dans la pénombre et l’humidité. Leur espérance de vie dépasse rarement les 50 ans … François décèdera à 44 ans, Anne lui survivra une douzaine d’années S’il est compliqué de cerner le milieu social des tissiers, la dénomination portant aussi bien sur le simple ouvrier que sur celui qui possède son atelier, il semble que François fasse partie des « patron-tissier » probablement propriétaire de son propre atelier, voire peut-être marchand-tissier en sus … Je m’en réfère pour cela à son niveau d’instruction, élevé pour le benjamin de la fratrie, et à celui de son épouse qui sans doute évoluait également dans un cercle familial aisé … Lire et écrire en 1739 n’était pas donné à toutes les jeunes filles

« Mon cher ancêtre, si je suis presque convaincue que ta vie ne fut pas celle d’un simple « ouvrier tissier » c’est aussi parce
que j’ai déniché une donation faite par ton grand-père, joseph GRANDHEURY le vieux, vigneron de son état…
Un homme pieu et de biens
« .

Cette donation datée du 19 juillet 1730 est consentie au profit de l’église qui se voit ségréguer une parcelle de vignes à effet de rétribution annuelle …

« Ton père, Joseph GRANDEURY le jeune se verra pour sa part également
doté de parcelles de vignes …
Et ta propre fille Elisabeth, mon cher François, épousera bien après

que tu ais rendu l’âme, un vigneron »

Signe, me semble-t-il que tu es resté si ce n’est vigneron en titre, à tout le moins dans l’environnement de l’exploitation familiale un pied dans la terre et les mains sur un métier à tisser.

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