TAILLEUSE EN  ROBE 

Tel était le métier de Victorine, ma petite Sosa 27

La famille PENNEQUIN
est installée à Nancy depuis 1799

Les parents de Victorine s’y sont mariés le 11 novembre 1844, son père Joseph Pennequin y est né en 1824 et sa maman Marie Thérèse FEVRE a vu le jour le 15 septembre 1823 à Houdreville, à quelques 25 km de Nancy ….

A sa naissance, le 30 septembre 1853, Victorine a un grand frère, né 7 ans avant elle, le 13 Mars 1846 toujours à Nancy … Ses parents lui donneront une petite sœur Marie Pennequin quelques années plus tard. A 18 ans, sans qu’il ne soit fait mention de sa profession, Victorine épouse Nicolas Alphonse MANGENOT, Charpentier … Une enfant naitra de cette courte union … A 21 ans, Victorine est veuve …

Il me faudra attendre le 10 novembre 1880 lorsque Victorine épouse en secondes noces notre ancêtre Alphonse JACQUET, pour connaitre son métier … Elle a alors 27 ans …. Alphonse en a 25, il est comptable.

Lorsqu’elle épouse Alphonse Jacquet, Victorine est TAILLEUSE EN ROBE
Ainsi qu’il est indiqué sur leur acte de mariage

Le couple formé par Victorine et Alphonse JACQUET aura 4 enfants :

  1. Marie, l’ainée en 1883
  2. Charles, né en 1885
  3. Henri, né en 1889
  4. Adélaïde, née en 1890 …qui épousera son cousin Pennequin

Bien que flanquée de cinq enfants, Victorine en sus de tenir son ménage
continuera à travailler après son mariage

Avant la deuxième moitié du XVIIIe siècle, la conception de vêtements est une affaire d’hommes, tailleurs, couturiers, qui produisent des modèles standardisés dont les coupes changent très peu au cours des siècles

Pendant des siècles, même des métiers auxquels les femmes auraient pu prétendre furent réservés aux hommes, comme celui de tailleur illustré sur cette gravure du 19e siècle.

Il existait peu de corporations strictement féminines. Au 18e siècle, Paris n’en comptait que deux : les bouquetières et les couturières. Même les métiers du textile auxquels la gent féminine pouvait légitimement prétendre leur échappaient. Les tailleurs, corsetiers et chapeliers étaient en effet des métiers d’homme. Louis-Sébastien Mercier (1740-1814) dénonce cette hégémonie des hommes sur les métiers par essence féminins : « Oui, j’en rougis pour l’espèce humaine, lorsque je vois de toutes parts qu’au mépris du nom d’homme, des êtres forts et robustes envahissent lâchement des états que la nature a particulièrement destinés aux personnes du sexe opposé ». L’auteur s’en prend ici aux métiers de corsetiers, tailleurs, marchands de mode, de linge, de gazes, de mousseline, ou de fleurs artificielles, dont la nature convenait davantage aux femmes. Or ces dernières étaient tenues fermement à l’écart par des maîtres jaloux de leurs privilèges. Les couturières n’avaient même pas le droit de façonner les vêtements féminins. Elles étaient cantonnées à la fabrication de robes de chambre, de jupes, de justaucorps, de manteaux ou de camisoles.

Mais après maintes protestations contre le monopole des tailleurs, les femmes obtinrent de Louis XIV le droit de tailler des robes. Le souverain avait convenu qu’il était en effet dans « la bienséance, et convenable à la pudeur des femmes de se faire habiller par des personnes de leur sexe ».

« les Ouvriers qui faisoient l’habillement se nommoient Tailleurs de Robes »
C’est Philippe IV, dit le Bel, qui leur accorda des statuts en 1293 sous cette appellation.

Victorine est donc une femme qui travaille dans l’Habillement

Couturier (couturière) & tailleur (tailleuse)   Personne qui fabrique ou retouche des vêtements, celui qui taille des habits, qui fait des vêtements. Le tailleur-couturier réalise des vêtements sur mesure d’après les attentes d’un client. Il lui propose un modèle existant, en adapte un ou en crée un nouveau. Il le conseille sur la coupe du vêtement, et l’aide à choisir le tissu.`   Tailleur – tailleuse : En ancien français ‘talier’, du latin médiéval ‘taliare’ Couturier – couturière : Du latin ‘consutura’ composé de con- et ‘sutura’ ou dérivé de ‘consuere’, ‘consutum’ (« coudre »).  

Le métier de couturière, se développe au XIXème siècle et au début du XXème

La couturière confectionne alors toutes sortes de vêtements. Elle était « petite main », « cousette » ou encore « artisane », habillant sur mesure les populations bien avant l’arrivée des magasins spécialisés dans l’habillement.

Cette profession était pour de nombreuses femmes, filles mères ou veuves, le moyen de gagner leur vie et celle de leurs enfants [c’est probablement le cas pour la « vocation » de Victorine … Veuve très jeune avec une enfant, il lui fallait trouver une source de revenus] ou de compléter le revenu de leur famille, comme épouses ou filles d’ouvriers. Le quotidien des ouvrières à domicile était plus difficile que celui des couturières dans les ateliers.

Les travaux d’aiguilles à entrent à l’école

En 1836, l’ordonnance du 23 juin, inscrit les travaux à l’aiguille au nombre des matières à enseigner dans les écoles primaires de filles…

La loi du 15 mars 1850, rend l’enseignement des travaux à l’aiguille obligatoire

…. Chronique d’un fossé générationnel …

« Qu’une jeune fille sache lire, écrire, compter …. Rien de plus désirable ;
mais qu’elle ne s’entende pas à manier l’aiguille, quoi de pire ? » 
!!! SIC !!!

Victorine faisait-elle partie de ces 40% de jeunes filles
qui plébiscitaient la couture vers 1880 ??

Vers 1880, l’autorité scolaire fit une enquête
sur la profession préférée des jeunes filles.
Ce fut la profession de couturière qui arriva en tête.
Plus de 40 % des jeunes filles dirent que c’était leur idéal.

Elles évoquèrent que la couture était quelque chose de très utile à connaître et « qu’une femme, qui ne sait pas coudre, est bonne à rien. »  !!! RE-SIC !!!

Jusqu’à la première moitié du XXe siècle il est considéré que les qualités de base d’une future mariée sont de savoir coudre et réparer les vêtements de la famille.
La leçon de couture revêt une importance considérable à l’école primaire, car l’époque souhaite initier les filles à leur « vocation » de ménagère et de mère, considérée comme essentielle.
Oserai-je un !!! RE-RE-SIC !!!

……

C’est à Barthélémy Thimonnier, tailleur de profession, que les couturières,
doivent, dès 1850 de voir leur travail facilité ….

Pendant quatre ans, il travaille à fabriquer une machine en bois qui coud

Enfin mise au point en 1829,  Barthélémy Thimonnier dépose le premier brevet d’invention le 17 avril 1830, avec l’aide financière d’Auguste Ferrand.

La fameuse SINGER est née et présentée à la foire de Paris (16 mai-1er juin 1830)

Après quelques années d’amélioration – une vingtaine quand même – les machines à coudre domestiques furent opérationnelles en 1851.

La rivalité entre tailleurs et couturières qui dura tout au long du XVIIIe siècle est enfin apaisée

Et les travaux d’aiguilles largement facilités

Victorine a-t-elle eut sa SINGER ?
Je ne saurai vous le dire

Elles sont l’une et l’autre contemporaines de cette époque où manier l’aiguille était une discipline d’épouse accomplie, un enseignement aussi important que celui de la lecture.

Victorine était en vie en 1910, au mariage de sa fille Adélaïde, elle n’est pas mentionnée sur l’avis de décès de son époux en 1931 …

Ajout du 30/08/2022 : un grand merci à Jeannine
qui a trouvé trace de Victorine dans les tables de succession et d’absence de Colombes (92)
et qui m’a donc permis de trouver l’acte de décès de Victorine, laquelle est partie le 2 mai 1918,
décédée en sa demeure à 9h00 du matin à Bois-Colombes.

« le coin plus« 

Si vous possédez une vieille Singer, il existe une base de données des numéros de série des machines pour identifier le modèle et la date de fabrication.

6 réflexions sur “TAILLEUSE EN  ROBE 

  1. Lorsque je suis arrivée à l’école primaire d’un petit village de l’Oise en 1978 (alors que je venais d’une grande ville de la banlieue parisienne), j’ai eu droit, avec mes copines, à des cours de couture le mardi après-midi, alors que les garçons faisaient sport…
    Les mentalités sont parfois difficiles à faire évoluées !

Laisser un commentaire