DOMME … Du code civil à l’art pictural

Domme ou « L’Acropole du Périgord » une superbe place forte qui surplombe  la vallée de la Dordogne et domine la rivière éponyme de plus de cent mètres.

Fondée en 1281 par Philippe III le Hardi,
cette bastide royale est unique en son genre

Son plan, contrairement aux autres bastides, n’est point rectangulaire, mais trapézoïdale… Faute -ou grâce- au relief et à la forme géographique du piton rocheux auquel elle s’accroche.

Au cœur de la Dordogne, une bastide pourvoyeuse de grands hommes …

La bastide se développe autour de ses deux places, celle haute de la Halle dédiée au commerce et celle dite de la Rode où se pratiquait le supplice de la roue, face à la maison du batteur de la monnaie.

Elevée sur la « barre », falaise qui domine la rivière Dordogne, trois portes protègent son accès, celle Delbós, celle de la Combe qui permettait aux paysans l’accès aux fontaines et aux jardins et enfin la porte des Tours qui défendait l’accès principal à la bastide.

La bastide reste aujourd’hui incroyablement conservée, remparts et portes d’accès sont toujours debout, les maisons du Gouverneur et du Batteur de la Monnaie toujours présentes, son église en parfait état continue à veiller sur le vieux bourg et la halle est restée le cœur du village.

La porte des Tours est encadrée de deux demi-tours servant à l’origine  de chambres de garde elles ont été  prison pour 70 templiers de 1307 à 1318…. Cette porte défendait l’accès depuis l’arrivée par Vitrac

La maison du batteur de la monnaie date de 1282, située sur la place de la Rode, elle est la plus ancienne maison de Domme, aujourd’hui boutique de bijoux  on la reconnait à ses fenêtres gothiques à arcatures trilobées.

Une des caractéristiques propre à Domme et qui concourt à son attrait, se trouve dans le sous-sol de la Bastide, au beau milieu du village. Un Joyau souterrain qui s’étend sous les bâtisses, une grotte jamais habitée, sans peintures rupestres, mais qui est riche de stalactites, draperies et autres merveilles façonnées par l’eau depuis des millénaires… On y entre sous la halle et on en ressort aux portes du jardin… 450 mètres de splendeurs à découvrir.

Si le charme et la beauté de Domme tiennent à ses monuments intacts, ses remparts le long desquels il fait bon déambuler, ses ruelles pavées généreusement fleuries et bordées de bâtisses aux pierres dorées, c’est principalement le point de vue à couper le souffle que l’on a depuis l’esplanade qui retient l’attention des visiteurs… Une vue plongeante et envoutante sur la Dordogne et les villages de renoms qui se distinguent tout autour.

Et comme toute bastide qui se respecte
Domme a son grand homme
dont la statue trône sur l’esplanade

Originaire du Quercy, la famille De MALEVILLE est établi à Domme

C’est au cœur de la bastide que naitra Jacques De Maleville le 19 juin 1741, quatrième des six enfants du couple légitimement marié le 18 juillet 1735 que forme ses parents Pierre Maleville (≈1703 – 1778),négociant, bourgeois de Domme et Louise Anne de Molènes.

Toute jeune marié de 15 ans à peine, sa mère Louise mettra au monde un an après ses noces un premier fils, suivi de deux filles qui précèderont Jacques. Un autre fils naitra après Jacques, prénommé comme l’ainé [ce qui tendrait à penser que le premier né du couple n’a pas survécu] et enfin, une petite fille leur viendra le 16 octobre 1751, toujours à Domme … Il y a lieu de penser que cette dernière naissance emportera la mère de famille qui succombe le 18 novembre suivant, à peine âgée de 30 ans,  laissant Jacques orphelin de mère à 10 ans.

Jacques De MALEVILLE

Fils et petit-fils de bourgeois de Domme, Jacques fera des études de droit et sera l’un des rédacteurs du code civil, laissant ainsi son patronyme à la postérité…

Sa vie publique sera riche de titres, Pair de France, membre du Sénat conservateur, député de la Dordogne, secrétaire rédacteur du Code Civil, membre du Conseil des Anciens, avocat au parlement de Paris et Jurisconsulte….

Décoré de la légion d’honneur, Il est de ceux qui écriront l’histoire…

Sans jamais renier sa région, il aura connu les ors de Paris et des palais
la reconnaissance et l’estime de l’Empereur.

Coté vie privée, Jacques de Maleville sera époux, père et grand-père … Le 5 juillet 1773, dans la commune de naissance de sa promise, au Bugue, il épouse Pauline de LAFAYE, de 9 ans sa cadette… Issus de cette union, viendront au monde à Domme, fief de la famille de Maleville cinq filles et deux garçons…  

Pierre Joseph de MALEVILLE (Né le 12 juillet 1778 à Domme), quatrième enfant et ainé des fils de Jacques, sera député de la Dordogne, président de la cour d’appel de Paris et marquis de Maleville. Son frère cadet, qui viendra après (encore) une fille portera des prénoms bien similaires à son ainé …  Pierre Joseph Jacques de MALEVILLE (né le 2 mars 1783) sera pour sa part  Vicomte de Maleville et maître des registres d’honoraires au conseil d’Etat.

Jacques de Maleville s’éteindra à Domme, marquis de Maleville et seigneur de Fonpeyrine et de Clissac, le 22 novembre 1824, à l’âge de 83 ans, veuf depuis deux ans.

Sa descendance suivra la tradition familiale et des hommes de droit naitront … Jusqu’à Lucien de Maleville … Artiste peintre … qui tradition oblige aura suivi … des études de droit avant de laisser libre cours à son penchant artistique.

Guillaume de Maleville, petit-fils de Jacques, sera conseiller à la Cour Impériale, maire de Domme, chevalier de la Légion d’Honneur et marquis de Maleville, titre qu’il transmettra à son décès à son fils ainé (Jacques, Joseph) Ernest de Maleville, Avocat, propriétaire et marquis de Maleville et un temps maire de Domme.

Ernest De Maleville, arrière-petit-fils de Jacques aura souscrit à la tradition familiale des hommes d’état, juristes de formation qui font la renommée de cette famille Dommoise.

Ernest transmettra le titre de comte de Maleville à son fils ainé (jacques Louis) Charles de Maleville, brillant officier de cavalerie … Son benjamin Louis Pierre Lucien de MALEVILLE, né 15 septembre 1881 à Périgueux,  qui deviendra artiste peintre, sous le seul prénom de Lucien… Lucien De Maleville, Peintre impressionniste, Périgourdin de talent.

Le couple de Lucien De Maleville s’établit définitivement dans la propriété d’Aiguevive, à Cénac, à partir de 1938, date à laquelle Lucien commence à enseigner le dessin au Collège Saint-Joseph de Sarlat.

Lucien décèdera le 7 mai 1964, dans la propriété de son épouse où le couple séjournait principalement l’hiver, dans les Hauts-de-Seine…

……….

Arrière-arrière-arrière-petit-fils de Charles De Malville, de Lucien de Malville, il reste trace via son œuvre, dans laquelle les paysages de Dordogne ont la part belle …

Il a croqué la région de Domme, amoureux des rives de la Dordogne et de ses paysages enchanteurs où il vivait à deux pas de là, le juriste au pinceau enchanteur  a su transcrire l’âme de ce petit coin de paradis.

 La lignée des « de Maleville » aura laissé une empreinte indélébile sur le Périgord
et plus particulièrement à Domme

Si vos pas vous mènent en Périgord, ne manquez pas de déambuler dans cette bastide, splendide et chargée d’histoire … La vue époustouflante est un régal pour les yeux et l’atmosphère des lieux vaut le détour …
Située à 10 km de mon « home sweet home » je m’y rends souvent pour contempler les méandres de la Dordogne … Ou m’y régaler d’une glace face à son panorama grandiose.

2 réflexions sur “DOMME … Du code civil à l’art pictural

  1. Une très belle région où j’ai des souvenirs de baignades dans la Dordogne et d’une ballade en gabarre pas très loin de Domme, à Beynac 😊

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