150EME ANNIVERSAIRE DE LA COMMUNE DE PARIS

Les parisiens apprennent en janvier 1871, alors que le Roi de Prusse est proclamé Empereur d’Allemagne, que le Gouvernement provisoire a signé l’armistice quand bien même la capitale a continué à lutter contre les allemands malgré cet hiver glacial et une épouvantable famine liée au siège de Paris
A cette époque, mon arrière-grand-père est à Paris

Edouard Muller ;

Mon arrière-grand-père est donc à Paris où il demeure 86 boulevard de la Chapelle, ses frères Maurice et Joseph sont également établis dans la capitale … Seuls Charles – 14 ans – et Agnès les deux derniers nés de la fratrie demeurent toujours en Alsace au domicile parental …Sans qu’ils ne s’en doutent, Il leur reste peu de temps à être Français

Le 18 mars 1871, Adolphe Thiers ordonne de désarmer Paris … les Parisiens n’ont « digéré » ni l’armistice alors qu’ils continuaient à défendre et tenir leur place face aux armées prussiennes, ni l’humiliation du défilé des vainqueurs dans leurs rues le 1er mars 1871 … Ils refusent de rendre leurs armes et leurs canons … Et s’en prennent aux troupes gouvernementales envoyées à cet effet …

La courte mais terrible période de la « Commune de Paris » commence alors.
Le gouvernement et les troupes régulières se replient sur Versailles
et abandonnent la capitale aux insurgés

Je ne sais absolument rien de la participation ou non-participation d’Edouard et de ses frères, tous trois parisiens d’adoption, au cours de cette « insurrection » … Des barricades ont été dressées et défendues, boulevard    de  la   Chapelle, là    où    vit    Edouard    …    Qu’a-t-il     fait ??   Regardé, tenté de survivre ? S’est-il battu ?? Était-il un communard ??


Le 10 mai 1871, le traité de Francfort est signé

La France perd l’Alsace et la Moselle au profit du nouvel Empire allemand … Mon ancêtre Edouard MULLER et ses frères perdent leur nationalité … Un coup supplémentaire au cours de cette période où la faim le dispute à l’effroi et à l’horreur

« Les provinces d’Alsace et de Lorraine cédées par la France dans les limites fixées par le traité de paix du 10 mai 1871 sont à jamais réunies à l’Empire d’Allemagne. »
Extrait de la loi allemande du 30 décembre 1871


Le 21 mai 1871, les troupes gouvernementales envoyées de Versailles et conduites par les généraux Mac Mahon et Galliffet entrent dans Paris pour reprendre la ville aux communards.

C’est le début de la « Semaine sanglante »
et sanglante elle le fut

La commune aura fait, proportionnellement, en deux mois plus de morts que « dame Guillotine »
qui pendant la seule période de la Grande Terreur y aura tranché
pas moins de 2 780 têtes rien qu’à Paris

Exilé en France et nommé depuis le 5 mai commandant en chef de l’armée de la Commune, le polonais Jaroslaw Dombrowski organise la défense des communards contre les Versaillais.

Homme de combat et révolutionnaire dans l’âme, il sera blessé mortellement, le 23 mai, à la barricade de la rue Myrha et de la rue des Poissonniers, alors qu’il s’apprête à lancer une contre- attaque. Et c’est juste sous les fenêtres d’Edouard qui demeure face à l’hôpital Lariboisière, que Jaroslaw Dombrowski rendit l’âme après y avoir été transporté par ses hommes

Le 28 mai 1871, au terme de deux mois d’affrontement soldés par une Semaine sanglante
qui porte bien son nom, la Commune de Paris n’existe plus …
L’insurrection est matée

Mac-Mahon, chef des troupes gouvernementales, avoue 17 000 morts…

Paris atteignait presque 2 millions d’habitants en 1870 on en dénombre « seulement » 1 818 710 en 1872 soit une différence de 180 000 …
Morts au combat, Morts collatéraux, morts exécutés par les deux camps pendant la Commune. Le siège de Paris, les morts de la guerre Franco-Prusse de 1870, les 43 522 prisonniers de la Commune, les exilés viennent grossir le « dépeuplement » de Paris entre 1870 et 1872.

… Comme à chaque conflit
Des mères, des épouses et des enfants pleurent
leurs morts


Mon arrière-grand-père Edouard et ses frères survécurent à cette terrible période …
Il semble même que tous les fils de la fratrie se retrouveront à Paris ensemble à une période donnée

Paris 1872, le temps est venu pour la fratrie d’affirmer son patriotisme et son attachement à la France :

  • Edouard opte pour la nationalité Française le 5 mars, toujours domicilié 86 Boulevard de la Chapelle, cette même année il épouse Marie Caroline Augustine Jesslen, faisant pour cela un « saut de puce » jusqu’à Dole, commune de sa promise
  • Ses frères Joseph, demeurant rue Rambuteau, et Maurice également parisien firent la même démarche, respectivement les 17 mai et 25 septembre

Le jeune Charles, Alsacien devenu allemand pendant les évènements, rejoindra Paris et ses frères. Il sera réintégré dans la qualité de Français par décret en date du 28 juin 1887, ainsi qu’il en est fait mention sur sa fiche de matricule militaire … Alors qu’il vivait rue de Lille dans le 7ème arrondissement

Les fils de Maurice Muller et Agnès poursuivront leur vie …

Je ne me suis attachée qu’à celle, mouvementée, d’Edouard
Contemporain de la commune et l’ayant vécue de l’intérieur

Dix semaines de folie meurtrière … 71 jours pour être précis


Je ne saurai conclure cet article sur la Commune sans mentionner
la date du 24 mai 1871.

Une date que les généalogistes abhorrent … C’est en effet au cours de cette l’insurrection que les documents d’état civil de Paris partent en fumée ce funeste mercredi de 1871 ; Des incendies volontaires détruisent presque intégralement les cahiers paroissiaux du XVIe siècle à 1792 et les registres d’état civil de 1793 à 1859, pourtant conservés sur deux sites différents. En quelques heures, les flammes anéantissent près 11 500 registres contenant plus de 8 millions de documents dans un Paris à feu et à sang.

Bertrand TILLIER, « Paris enflammé par la Commune », Histoire par l’image [en ligne], consulté le 10 mars 2021. URL : http://histoire-image.org/fr/etudes/paris-enflamme-commune

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3 réflexions sur “150EME ANNIVERSAIRE DE LA COMMUNE DE PARIS

  1. Merci pour ce petit rappel historique, mon arriere arriere grand père se tenait aux cotés de Louise Michel a cette époque, il fut exilé en Nouvelle Calédonie. Il a été « gracié » quelques années après, et mon arrière grand-mère est née a son retour en France.

  2. Pingback: UN JOUR UN ANCÊTRE III | Généa-Scribe

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