NOTRE LIGNE COGNATIQUE

Pendant des siècles, les femmes ont été nettement tenues dans un rang inférieur aux hommes, que ce soit dans leur vie privée ou publique. Peu importait leur statut social : aucune n’échappait à la destinée toute tracée que sa famille avait décidée pour elle.

Définition d’une lignée cognatique :

Selon le Littré l’adjectif cognatique signifie « Succession cognatique, succession dévolue aux cognats à défaut de parents en ligne masculine.  » et le mot cognat : « Celui qui est uni par un lien de parenté ; parent par les femmes. » Par extension, la lignée cognatique est la lignée « de mère en fille » en opposition à la lignée agnatique « de père en fils« .

Ainsi, notre lignée cognatique, de mère en fille donc, se déroule d’Adèle à Arielle

une liste de A à A …. Une liste semée de Rose(s) …. Une liste de femmes, d’épouses et de mères

Adèle BEZON
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Rose Joséphine MARTIN
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Rose Victorine POTTIER
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Rose Clotilde LEROY
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Germaine Adèle Victorine HULLARD
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Suzanne, Juliette VALLET
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Claude Christiane, Germaine
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Véronique, Arielle, et Virginie

Toutes originaires de l’île France, de Nanteuil-lès-Meaux  à Paris et sa couronne …  Le grand Paris avant l’heure … Tel est le territoire de notre lignée de femme …. Parisiennes depuis des générations ….. Une origine géographique qui faisait la fierté de mémé Suzon, notre grand-mère qui figure sur la liste sous  Suzanne, Juliette Vallet

Au commencement de notre lignée de femmes … Adèle, née à Nanteuil-lès-Meaux, où depuis l’occupation romaine, il y a 1700 ans, la vigne avait envahi le pays. En 1838 on produisait 4 000 hl de vin. La vigne a été remplacée par des arbres fruitiers, des pommiers, des poiriers et des pruniers qui fournissaient des « gobes » pour la confection de la tarte en Prunes.
Le 10 juin 1827, le conseil municipal décide la création d’une mairie-école, qui est devenue la salle des mariages. Le village produit au XIXe siècle du fromage de Brie « à la loque » ou « au noir de Nanteuil ».
En 1901, le village compte une tuilerie, une fabrique de chaux, ciment et plâtre, ainsi qu’une fabrique de jersey …. et 1 511 habitants

Notre lignée cognatique


Qui dit lignée cognatique …. Dit droit des femmes !!!
Si, si j’insiste …
Faisons ce petit détours, ce retour en arrière
ce voyage juridique au pays de nos ancêtres femmes


La femme règne sur tout ce qui concerne les tâches domestiques de la maison, des repas, des enfants, du feu, du jardin, de la traite des vaches et de la fabrication des fromages, des soins aux animaux.
Elle a le monopole de l’eau : le puits, la fontaine, le lavoir sont des mondes féminins au même titre que l’accouchement et la naissance.
Dans de nombreuses régions, elle ne mange pas à table avec les hommes mais reste debout en retrait après les avoir servis car dans la société d’autrefois chacun a sa place et sa fonction selon son sexe et son âge.
Juridiquement la femme mariée est considérée comme une mineure et ne peut agir sans l’autorisation de son mari ! Les adages le confirment :


• « qui a mari a seigneur »
• « le chapeau doit commander à la coiffe »,
• « quand le coq a chanté la poule doit se taire »


et malheur aux récalcitrantes qui encourent le châtiment corporel !
L’homme commande: femme du vin! Femme du boudin! Et la femme d’obéir.

Tout cela est cautionné jusque dans les sermons du curé :
« le Christ est le chef de tout homme et l’homme est le chef de la femme « ·

De la fin du Moyen Âge aux premières décennies du XXe siècle, l’Europe et en particulier la France ont été le théâtre d’une gigantesque polémique sur la place et le rôle des femmes dans la société.
Elle a porté sur à peu près tous les terrains, du pouvoir suprême aux relations amoureuses, en passant par le travail, la famille, le mariage, l’éducation, le corps, l’art, la langue, la religion…

Sous la IIIème République, les femmes bénéficient d’avancées civiles comme l’accès à l’instruction et ce n’est qu’à la Première Guerre mondiale qu’il est démontré que les femmes sont indispensables au bon fonctionnement de l’économie.

En 1944, l’ordonnance du 21 avril du Gouvernement provisoire de la République française installé à Alger accorde le droit de vote et l’éligibilité aux femmes sans restriction.

Dans la seconde moitié du XXème siècle, les revendications des femmes portent sur tous les domaines de la vie sociale, économique et politique et militent pour une réelle égalité et font enfin de réelles avancées … Pour autant ce n’est qu’en 1964 que les femmes peuvent accepter un travail sans l’accord de leur mari !!!….. je suis née l’année précédente …. Arielle 2 ans plus tard …..

Et plus anecdotique – bien que cette loi « farfelue »ne soit plus appliquée depuis fort longtemps – ce n’est que le 31 janvier 2013* que la loi du 17 novembre 1800  interdisant aux femmes de porter le pantalon a été abolie !!!!!!!!

Cette loi du 26 brumaire an IX  précisait que

« Toute femme désirant s’habiller en homme doit se présenter à la Préfecture de police pour en obtenir l’autorisation ».

Cette interdiction a été partiellement levée par deux circulaires de 1892 et 1909 autorisant le port féminin du pantalon              « si la femme tient par la main un guidon de bicyclette ou les rênes d’un cheval ».

* en 2013, j’ai 50 ans, mon fils en a 25 …. et nous sommes au XXI° siècle !!!!



Voyons maintenant notre lignée cognatique

Qui commence donc avec Adèle Bezon, notre Sosa 255,

et se termine, par nous Véronique, Arielle et Virginie

D’aussi loin que j’ai pu remonter, nos racines féminines sont donc solidement plantées en terre seine et marnaise, et c’est en la commune de  Nanteuil-lès-Meaux que naquit Adèle Bezon vers 1794

De prime abord, la vie d’Adèle est simplissime …. Mariée le 10 octobre 1821 à Nanteuil-lès-Meaux, , avec Jean Etienne MARTIN, né le 19 décembre 1793, elle lui donnera deux enfants, deux filles Victoire Rosine MARTIN née en 1829 et Rose Joséphine MARTIN, notre ancêtre, née en 1832

A bien y regarder, sa vie de famille semble « étrange » ….

On l’appelle Adèle, qui est en fait son troisième prénom …. Elle fut déclarée sur son acte de naissance Françoise Victoire Adèle

Quant à son mariage …..Elle a 27 ans quand elle convole avec Jean MARTIN  – en 1821 – qui lui-même en a 28 ….. et déjà une (autre) vie maritale derrière lui ….. ou plutôt parallèle !!!! (sic)

En effet, Jean MARTIN a épousé  le 28 décembre 1815 à Fublaines en Seine-et-Marne Marie Madeleine Elisabeth FROMENT.
Et c’est ce premier mariage qui interpelle puisque deux enfants en sont issus, nés à Nanteuil-lès-Meaux …. pendant le mariage d’Adèle et Jean
* Joséphine Rose MARTIN née le 28 novembre 1821 un mois et demi après le mariage de son père avec notre Adèle
* Louis Désiré MARTIN né le 3 mars 1825 soit près de quatre ans après que son père fut marié à Adèle

Ne jetons pas trop vite la pierre sur Jean …. Les grossesses à l’époque devaient être déclarées si la mère était veuve, célibataire ou divorcée …. Et la paternité était déclarée par la seule mère …. Laquelle donnait le nom qu’elle voulait …. y compris celui de son ex-mari …. Pour s’éviter la « honte » d’un enfant sans père …. Si Jean a quitté sa première épouse, peut-être était-ce parce qu’elle était « volage »  ….. Ou pas ….

Toujours est-il que le couple formé par Jean Etienne MARTIN et Adèle Bezon a bien eu deux filles, dont  la cadette Rose Joséphine MARTIN est notre ancêtre née le 12 avril 1832 (un jeudi) à Nanteuil-lès-Meaux


Rose Joséphine MARTIN

Notre Sosa 127

Rose Joséphine MARTIN, Journalière,  née le 12 avril 1832 à Nanteuil-lès-Meaux, décédée le 15 octobre 1874 à Boussy-Saint-Antoine à l’âge de 42 an. Épouse de Jean louis Isidore POTTIER, Equarreur, né le 13 juin 1824 à Villeneuve-le-Comte,  décédé le 8 mars 1879 à Boussy-Saint-Antoine à l’âge de 54 ans.

Le couple s’est marié le 2 mai 1850 à Nanteuil-lès-Meaux, dans la commune de la future, Jean-Louis avait 25 ans, Rose 18 …. L’année suivante, elle sera mère

Rose est journalière, elle loue ses bras au travail des champs  auquel s’ajoute le travail domestique, en ce compris les activités de lingère, repasseuse, couturière ….. Fontaine, lavoir, marché constituent autant de lieux de sociabilité de sa vie de femme …. et elle remplira son « travail principal » en donnant 5 enfants à son époux :

Rose Victorine POTTIER, notre ancêtre, l’aînée des enfants, venue au monde en 1851, seule fille de la famille, elle aura quatre frères , Isidore Toussaint en 1853, Edouard Victor en 1855, Jules Théodore en 1858 et enfin Paul Éric POTTIER en 1863 …. Rose Joséphine a 31 ans à la naissance de son dernier enfant ….. Elle décédera 11 ans plus tard, à peine âgée de 42 ans

A la naissance de Rose Victorine, ses parents vivent alors à Meaux, ou Jean-Louis est marchand de charbon …..

Que sont devenus les fils de Rose Joséphine MARTIN Et Jean-Louis POTIER ?


Rose Victorine POTTIER

Notre Sosa 63

Rose Victorine POTTIER née le 14 février 1851 à Meaux  épousa Alexandre Joseph Leroy, Manouvrier, de 3 ans son ainé. Le mariage eut lieu le 19 juillet 1870 à Quincy-sous-Sénart, Alexandre a 21 ans  Rose est alors âgée de 19 ans

Ainsi, Rose Victorine POTTIER se mariera deux fois, de sa première union naîtront deux enfants, son fils aîné Alexandre qui porte le prénom de son père, et notre aïeule Rose Clotilde LEROY


Devenue Veuve en 1901, à l’âge de 50 ans, elle se remariera un an et demi plus tard avec Louis Montenot, charretier (cocher, postillon, conducteur) comme son défunt mari Alexandre …. Le couple Pottier-Montenot n’aura pas d’enfants


Rose a déjà 52 ans au moment de son deuxième mariage, et elle est grand-mère :
• Son fils Alexandre Isidore LEROY est marié depuis le 14 août 1897 ( à Melun) et Père de deux fils, André né en 1899 et René né en 1900
• Sa fille Rose Clotilde est également mariée et déjà mère …. et divorcée


Rose Clotilde LEROY

Notre Sosa 31

Rose Clotilde Leroy, nait le 17 juillet 1879 à Paris 20°. A 16 ans, elle épouse en la commune de Melun Anatole François René HULLARD, Maréchal-ferrant, forgeron, limeur de carrosserie, menuisier,  né en 1868 à Vaux-le-Pénil, son ainé de 11 ans

Le mariage de Rose Clotilde LEROY et Anatole a lieu à Melun, le 20 avril 1895, sont présents et témoins Rose Victorine POTTIER , mère de l’épouse, Louis Alphonse HULLARD frère de l’époux, Auguste Julien VIARD beau-frère de l’époux, Alexandre Joseph LEROY père de l’épouse, Marie Adèle Julie BENOIST mère de l’époux et Jean Pierre HULLARD père de l’époux.

Le jeune couple aura une fille unique  Germaine Adèle Victorine HULLARD, notre aïeule, née à Melun le 4 août 1896 – à 15h30 …. Avant de divorcer le 11 mars 1898 à Melun  …. à la requête et au profit du mari

Rose Clotilde LEROY, perdra la garde de sa fille, au profit de son ex-époux, et bénéficiera d’un droit de « voir et visiter » sa fille les 1er et 3ème dimanches de chaque mois de une heure à cinq heure au domicile de madame HULLARD mère d’Anatole François René HULLARD, la grand-mère donc de Germaine Adèle Victorine HULLARD …. mère à 17 ans à peine révolus Rose Clotilde se retrouve seule, sans mari ni enfant à moins de 20 ans…. A l’aube du XX° siècle elle retourne vivre chez ses parents


Germaine Adèle Victorine HULLARD 

Notre Sosa 15

Germaine Adèle Victorine HULLARD née le 4 août 1896 à Melun épousera  le 29 novembre 1913 à Paris 11°, Charles Vallet, un lyonnais d’origine,  né en 1894 et décédé le 31 juillet 1919 …. un mariage de courte durée ….

A 10 ans,  Germaine, notre Sosa 15,  fillette dont sa mère  Rose Clotilde LEROY a perdu la garde est domiciliée chez sa grand-mère maternelle, lors du recensement de 1906

Elle n’est donc plus sous la garde de son père ni sous celle de sa grand-mère paternelle …. que s’est-il passé ????

Germaine se marie à 17 ans, avec un jeune homme de 19 ans …. Nous sommes à la veille de la première guerre mondiale …. Le jeune couple aura tout juste le temps d’avoir deux petites filles Suzanne Juliette Vallet, notre grand-mère née en 1915 et Lucienne

Charles part à la guerre …. Il n’en reviendra pas

Germaine est veuve à 23 ans …. Elles a deux fillettes à sa charge ….. Elle se remariera le 20 novembre 1920 à PARIS 11°, à 24 ans, avec Jean Georges Auguste André Pilliard, camionneur.

Elle aura traversé la guerre et su pourvoir seule aux besoins de ses deux filles pendant cette terrible période …. Un exploit que bien des femmes de cette époque réaliseront elles aussi
… Les premiers pas féminins vers l’émancipation …


Suzanne Juliette Vallet 

Notre grand-mère, Sosa 7

Suzanne Juliette Vallet, Téléphoniste, née le 4 mars 1915 à PARIS 11° et  décédée le 27 octobre 1994 à Lussac-les-Châteaux à l’âge de 79 ans.   Elle épousa en première noce Henri louis Alphonse Pennequin  né en 1911 à NANCY

Suzanne naquit le 4 mars 915, au domicile de ses parents – 1 Impasse Saint Sébastien à Paris 11° – Charles son père n’est pas là ….. Il est sur le front …. L’a-telle seulement connu ??

Le 2 mai 1934 à Colombes, alors qu’Henri a 22 ans, il épouse Suzanne qui en a alors 19 …. Henri est dessinateur et Suzanne travaille également, elle est téléphoniste …. Standardiste dira-t-on 20 ans plus tard

En 1939, alors que le couple vit 35 rue de l’Aigle à la Garenne Colombes, va naître leur enfant unique, le 6 septembre, Claude Christiane Germaine , notre mère

Comme ce fut le cas pour sa propre mère, Suzanne va vivre la guerre – la seconde guerre en 20 ans que subira la France – Comme sa mère elle est une jeune épouse avec un nourrisson à charge …. Henri est fait prisonnier et c’est seule qu’elle subviendra aux besoin de sa bambine

Suzanne, dont la vie semble être la réplique de celle de sa grand-mère, divorcera le 31 octobre 1947 …. Et comme ce fut le cas pour sa grand-mère, sa fillette fut confiée à la garde du père …..

Trois ans plus tard, elle épousera Pierre de quelques années son cadet, et dont elle n’aura pas d’enfant …. Henri lui aussi se remariera et aura un fils, Jean-Michel de 15 ans le cadet de sa fille aînée

Suzanne s’éteindra le 27 octobre 1994 à Lussac-les-Châteaux, à 79 ans
Épouse en seconde noce de celui qui fut un super grand-père, Elle n’aura eu qu’une seule enfant …. Notre mère


Et c’est avec Claude Christiane, Germaine

notre mère, née le 6 septembre 1938 à Courbevoie, épouse de Gerard

Que s’achève la saga de notre lignée cognatique  d’Adèle à Arielle

Le couple formé par mes parents, Gérard et Claude a eu trois filles :

  • Véronique Suzanne Louise
  • Arielle Claude Géraldine
  • Virginie Valérie Nathalie

Les femmes de ma lignée en PDF

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